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Musique classique et opéra par Classissima

Robert Schumann

samedi 21 janvier 2017


Classiquenews.com - Articles

19 janvier

LILLE. L’Amour et la danse par Jean-Claude Casadesus, volet II

Classiquenews.com - Articles LILLE. Jean-Claude Casadesus. L’Amour et la danse, II. 19-25 janvier 2017. Le volet 1 de ce cycle événement, s’achevait avec la dernière note, lumineuse, soutenu au piccolo, celle de l’espérance après la déflagration d’une impitoyable machine à broyer, précipitant la mort de Roméo et de Juliette (version Prokofiev : lire notre compte rendu du concert L’Amour et la danse I, le 1er décembre 2016). Dans ce volet 2, Jean-Claude Casadesus retrouve ses chers instrumentistes de l’Orchestre national de Lille, abordant d’autres rivages où la danse là encore, inspire d’étonnants mondes symphoniques. C’était le cas du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev, c’est assurément la nature partagée du Poème de l’Extase – créé à New York en mars 1907, d’un Scriabine (1872 – 1915) aux confins des constellations visibles et connues : l’écriture orchestrale étant pour lui, le moyen et la langue d’une exploration sonore jamais tentée avant lui. Sensuel et mystique, le moscovite Scriabine réalise alors, l’un de ses poèmes pour orchestre les plus inspirés et les plus personnels, emblématique de toute sa recherche spirituelle… D’abord imaginé comme sa possible 4è Symphonie, le Poème de l’extase qui précède Prométhée (1909), appartient aux derniers drames symphoniques de Scriabine qui ensuite jusqu’à sa mort en 1915, ce composera plus que pour l’instrument dont il est virtuose, le piano. Le Poème de l’extase (inititalement intitulé « Poème orgiaque »), reprend le concept messianique de la musique visionnaire et prophétique telle que l’a défendu avant lui Wagner : la musique permet à l’humanité d’accéder à un niveau de connaissance et de conscience, supérieur ; le compositeur étant le guide de cette quête spirituelle partagée. Le guide comme le catalyseur, celui qui en provoque l’accomplissement comme la révélation. Dans le programme rédigé par ses soins, Scriabine précise son intention : « Je vous appelle à la vie, forces mystérieuses, Noyées dans les profondeurs obscures de l’esprit créateur, Timides ébauches de la vie, A vous, j’apporte l’audace. » EN LIRE + : lire notre présentation complète du concert Poème de l’Extase à Lille, par Jean-Claude Casadeus et l’Orchestre national de Lille, 19-25 janvier 2017 BEETHOVEN Triple concerto pour violon, violoncelle et piano Piano : François-Frédéric Guy
Violon : Tedi Papavrami
Violoncelle : Xavier Phillips R. STRAUSS Salomé : Danse de Salomé SCRIABINE Poème de l’Extase Orchestre national de Lille Jean-Claude Casadesus, direction ______________________ POÈME DE L’EXTASE CYCLE L’AMOUR ET LA DANSE, ÉPISODE 2 Jeudi 19 janvier 2017, 20h Vendredi 20 janvier 2017, 20h LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle RÉSERVEZ VOTRE PLACE Programme repris ensuite : à Grande-Synthe, le 21 janvier 2017, 20h à La Rochelle, les 24 et 25 janvier 2017, 20h AUTOUR DU CONCERT LEÇON DE MUSIQUE Avec Hèctor Parra, compositeur en résidence “Des sons et des couleurs en musique” Jeu 19 & Ven 20 Janv. 19h (Entrée libre, muni d’un billet) — CONCERT FLASH 12H30 Avec François-Frédéric Guy, Tedi Papavrami et Xavier Phillips “L’art du trio” Beethoven • Schumann Ven 20 Janv. 12h30 (De 5 à 10 €) Toutes les infos, les ressources sur le programme, sur le site de l’Orchestre national de Lille http://www.onlille.com/event/201615-poeme-extase-beethoven-strauss-lille/

MusicaBohemica

16 janvier

Janáček en perspective

Janáček en perspective Un récital de piano. Quoi de plus courant ? Oui, mais celui-ci ne se déroula pas dans une salle de concert. Pour une séance privée, un réparateur de piano de la banlieue lyonnaise, avait invité une interprète dans une salle de son atelier où des pianos avaient été rangés sur les côtés pour installer un certain nombre de chaises. sur une estrade trônait un piano à queue. Quelle musicienne s’installerait devant ce piano ? Et pour jouer quelles œuvres ? Une jeune pianiste, Sarah Lavaud, monta sur la scène. Elle ne posa pas immédiatement ses doigts sur le clavier, mais prit la parole pour présenter l’enchaînement des œuvres. Des pièces de Janáček, Schœnberg, Debussy, Hersant, Schumann, Granados. Jusque là, rien de vraiment exceptionnel. L’extraordinaire tint dans la juxtaposition de plusieurs extraits du cycle Sur un sentier recouvert avec des pièces des autres compositeurs pour établir une ou des résonances entre elles, des correspondances, une sorte de jeu de miroirs. Des langages musicaux éloignés, à des époques distinctes, dans des contextes sociaux, économiques, politiques, culturels différents. Janáček éclairait Debussy (1) qui en retour jetait un coup de projecteur sur une autre pièce de Janáček. L’une des Six petites pièces (2) opus 19 de Schœnberg dévoilait une sorte de cousinage lointain non pas sur le plan esthétique avec En pleurs à laquelle elle succédait, mais par de mêmes ruptures intervenant dans le déroulement de son morceau. Et Sarah Lavaud d’exposer pourquoi et comment elle avait choisi ces compositeurs et ces œuvres. Après ces explications pleines de clarté et de franchise, la pianiste se mit à jouer.  Tout d’abord En pleurs* et La parole manque* (séparés par la pièce de Schœnberg) avec des notes chargées de sens musical, d’un poids émotionnel intense, avec des instants de tendresse aussitôt suivis sans transition de brusque violence, de notes qui surgissaient d’un coup, de courts motifs qui s’opposaient. Le parcours musical se poursuivit avec les Bruyères du livre II des Préludes de Debussy au trait précis, net. Rien n’évoquait un impressionnisme évanescent, flou, perdu dans des brumes légères ou épaisses. Les notes résonnaient clairement et prenaient tout leur relief. L’impétuosité reprit avec Une feuille emportée*, tempérée par des accents nostalgiques. Changement temporel avec Le Héron extrait d’Ephémères (3) de Philippe Hersant dont le cours ne s’écoulait pas sans fracture. Bonne nuit* termina cette première partie. A l’énoncé du titre, on aurait pu penser à un retour au calme et à la mélodie qui se développe tranquillement. Avec Janáček on est souvent avec des surprises, d’autant plus que Sarah Lavaud excella à donner du relief, à ne jamais tomber dans la mièvrerie ou dans une recherche de la séduction sonore plutôt gratuite dans laquelle se complaisent trop souvent des interprètes lorsqu’ils rendent la nostalgie qui émane d’une partition. Là encore, la pianiste privilégia la clarté, la netteté au détriment d’un son flou, certes joli à entendre, et pourtant éloigné d’une expression inquiète qu’avait consignée le compositeur sur sa partition. Et toujours avec le poids des silences et d’une note finale qui résonnait laissant l’angoisse s’installer. Sarah Lavaud explicita son choix de programmation. La mise en perspective de Janáček avec Schœnberg, Debussy et Hersant démontra de manière encore plus éclatante, s’il en était besoin, la modernité du langage du compositeur morave. Ces pièces dataient pourtant de la première décennie du XXe siècle, bien avant les dix années glorieuses, les dernières années de sa vie au cours desquelles les chefs-d’œuvre opératiques se succédèrent et côtoyèrent Le Journal d’un disparu, les deux quatuors, la Sinfonietta, la Messe glagolitique, Řikadlá et bien d’autres ouvrages d’une expressivité et d’une modernité toute aussi fortes que ces derniers. Dès l’époque de ces pièces pour piano, contemporaines pour certaines de l’écriture de Jenůfa, Janáček avait acquis son langage propre ne se rattachant à aucune tradition musicale. Le récital se poursuivit avec les Scènes d’enfants de Schumann tour à tour vives, nostalgiques, fiévreuses, dynamiques, tendres, joueuses. Enfin, la pianiste proposa une nouvelle confrontation entre les deux pièces introductive et conclusive du cycle Dans les brumes de Janáček et deux Danses espagnoles de Granados, Oriental et Andaluza, antérieures d’une quinzaine d’années à l’œuvre de Janáček. Deux langages complètement différents. Et pourtant, chacun ayant puisé dans la musique populaire de leur pays respectif, quelques tournures, quelques timbres pouvaient se répondre comme le suggérait la pianiste.  Sarah Lavaud - Photo Balázs Böröcz/Pilvax Studio Bien que peu sonores, puisque l’assistance  ne comptait guère plus d’une quarantaine d’auditeurs, les applaudissements insistants et plus que mérités, rappelèrent Sarah Lavaud qui joua la première pièce de la Sonate I.X.1905 de Janáček, d’une expressivité intense et la Rêverie des Scènes d’enfants. Il faut souligner que la pianiste ne manifesta jamais une virtuosité gratuite et un peu vaine, comme il arrive parfois dans certains récitals donnés par des solistes. Il n’empêche, elle sut faire jaillir des fulgurances, des feux d’artifice digitaux, sans que ces gestes ne tombent dans une expression vide de sens ou arbitraire. Bien au contraire, ils confortaient l’énergie de son interprétation. Par sa diversité, par ses oppositions fructueuses, par ses assemblages soignés, ce récital approchait les mélanges littéraires que des personnes composaient en hommage à un auteur à qui ils redevaient une part de leur réussite. Ce n’était pas la première fois - et ce ne sera pas la dernière fois - que Sarah Lavaud bâtissait un programme autour de la personnalité de Janáček et de sa traduction en musique et de la mise en regard avec d’autres compositeurs (4). Elle envisage  un nouveau projet donnant la parole au compositeur lui-même à travers ses écrits que Daniela Langer a su traduire si précisément et si fidèlement dans la langue française. De nouveau, on sera loin du classique récital. Raison de plus pour souhaiter qu’un public nombreux vienne écouter Sarah Lavaud et que des organisateurs de concert se saisissent de cette opportunité pour programmer la pianiste dans leurs saisons musicales. Assez rares sont les musiciens à proposer une telle conception de concert. Il y aura bientôt une centaine d’années que Blanche Selva a tenté d’imposer une telle rénovation du concert (5), que Jane Mortier à travers le Groupe d’Etudes Philosophiques et Scientifiques de la Sorbonne a risqué pareille entreprise. Beaucoup plus près du temps présent, François-René Duchable ne s’est-il pas ingénié avec le comédien Alain Carré à allier poésie et musique ? Sarah Lavaud s’inscrit dans cette belle lignée, bien qu'encore insuffisamment usitée. Rappelons que Sarah Lavaud a enregistré l’essentiel du corpus pianistique de Janáček sur un disque Hortus paru au printemps 2014 dont j’ai signalé l’importance capitale dans ces colonnes. Joseph Colomb - janvier 2017 Notes : * Extraits du cycle Sur un chemin recouvert de Janáček, successivement pièce n° 9, n° 6, n° 2, n° 7. Ce cycle comprend quinze pièces divisées en deux cahiers. Le premier cahier dispose de dix pièces composées entre 1901 et 1908 auxquelles Janáček a donné un titre. Le deuxième cahier est réduit à cinq pièces écrites un peu plus tard jusqu’à 1911. 1. Rappelons qu’à l’époque où Janáček composait les dernières pièces du premier livre du Sentier recouvert, il ne connaissait pas encore la musique pour piano de Debussy.2. Ces Six petites pièces pour piano datent de 1911. 3. Le cycle Ephémères est constitué de 24 pièces composées de 1999 à 2003. 4. Jamais Sarah Lavaud ne se complaît dans la même liste d’œuvres à comparer ou à opposer aux pièces de Janáček. Elle recherche sans arrêt de nouvelles correspondances d’époques différentes, des éclairages venant de personnalités que, à première vue, rien ne les rapproche du créateur de Jenůfa. C’est dire le renouvellement constant qu’elle apporte à ses recherches. 5. Blanche Selva nomma «essai de rénovation du concert»  un programme de musique tchèque qu’elle donna le 7 octobre 1919 intercalant entre les morceaux des commentaires oraux. Elle ajouta quelques chants populaires slovaques interprétés par Pavla Osuský-Vachková, de l’Opéra de Prague. La cantatrice venait d’épouser Štefan Osuský, qui sera nommé ambassadeur tchécoslovaque en France en 1921.




La lettre du musicien (Comptes rendus)

16 janvier

Les débuts parisiens de Micah McLaurin, au musée Dapper

Originaire de Caroline-du-Sud, le pianiste, encore étudiant au Curtis Institute de Philadelphie, a déjà remporté plusieurs prix aux Etats-Unis. En 2012, à 17 ans, il était invité par l’Orchestre de Cleveland. Dans l’auditorium du musée Dapper, musée consacré aux arts africains, il donnait hier, sur un Fazioli, son premier récital à Paris.Remarqué lors de la dernière édition du concours Marguerite-Long, qui n’eut pas la clairvoyance de le récompenser, Micah McLaurin est incontestablement doué. Solide au plan technique, concentré, mûr déjà pour son âge (22 ans), sensible aux reliefs, aux timbres, aux perspectives orchestrales, et moins soucieux d’éblouir que d’évoquer ou de convaincre. Pour son premier concert dans la capitale, le jeune pianiste avait choisi un répertoire d’une virtuosité échevelée qui débutait par le tragique Nocturne en do mineur, si cher au cœur de Chopin. Ses basses ancrées dans les profondeurs, l’œuvre, bien comprise, conduite au tempo giusto, manque certes de frictions harmoniques, de tension nerveuse, d’imparable éloquence : c’est qu’il ne faut pas seulement poser, mais bel et bien soutenir et porter les notes initiales du chant, lento, mezza voce, pour lesquelles Chopin a spécifié points, traits et doigtés. Octaves impeccables dans le choral, réexposition facilitée par de grandes mains. La Fantaisie en fa mineur fait état d’un contrôle supérieur : marche grave, étonnantes ressources de puissance et de masses. Sans doute le rubato excessif qui l’affecte – un péché de jeunesse – pénalise-t-il davantage, au plan de l’unité organique, la Fantaisie de Schumann dont le premier morceau est « à jouer d’un bout à l’autre, d’une manière fantasque et passionnée ». Dans le mouvement final, nuancé, dans les pièces de Granados encore davantage (Goyescas), l’artiste n’en révèle pas moins la valeur d’un tempérament lyrique, fin, sentimental. Mélancolique sans être salonnarde, La Maja y el ruiseñor, descriptive à souhait, fut superbe de naturel quoique parfaitement mise en scène et dosée ; El Pelele, brillant, ailé, d’une audace folle pour un élève en cours de scolarité. McLaurin jette ses dernières forces dans la Mephisto-Valse, à la William Kapell, en tête-brûlée, soutenant l’intérêt jusqu’aux derniers la. Vivement applaudi, le jeune homme, sincère, sans poses, recueilli, offre en bis la Rêverie des Scènes d’enfants de Schumann.

Classiquenews.com - Articles

7 janvier

L’extase par Jean-Claude Casadesus

LILLE. Jean-Claude Casadesus. L’Amour et la danse, II. 19-25 janvier 2017. Le volet 1 de ce cycle événement, s’achevait avec la dernière note, lumineuse, soutenu au piccolo, celle de l’espérance après la déflagration d’une impitoyable machine à broyer, précipitant la mort de Roméo et de Juliette (version Prokofiev : lire notre compte rendu du concert L’Amour et la danse I, le 1er décembre 2016). Dans ce volet 2, Jean-Claude Casadesus retrouve ses chers instrumentistes de l’Orchestre national de Lille, abordant d’autres rivages où la danse là encore, inspire d’étonnants mondes symphoniques. C’était le cas du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev, c’est assurément la nature partagée du Poème de l’Extase – créé à New York en mars 1907, d’un Scriabine (1872 – 1915) aux confins des constellations visibles et connues : l’écriture orchestrale étant pour lui, le moyen et la langue d’une exploration sonore jamais tentée avant lui. Sensuel et mystique, le moscovite Scriabine réalise alors, l’un de ses poèmes pour orchestre les plus inspirés et les plus personnels, emblématique de toute sa recherche spirituelle… D’abord imaginé comme sa possible 4è Symphonie, le Poème de l’extase qui précède Prométhée (1909), appartient aux derniers drames symphoniques de Scriabine qui ensuite jusqu’à sa mort en 1915, ce composera plus que pour l’instrument dont il est virtuose, le piano. Le Poème de l’extase (inititalement intitulé « Poème orgiaque »), reprend le concept messianique de la musique visionnaire et prophétique telle que l’a défendu avant lui Wagner : la musique permet à l’humanité d’accéder à un niveau de connaissance et de conscience, supérieur ; le compositeur étant le guide de cette quête spirituelle partagée. Le guide comme le catalyseur, celui qui en provoque l’accomplissement comme la révélation. Dans le programme rédigé par ses soins, Scriabine précise son intention : « Je vous appelle à la vie, forces mystérieuses, Noyées dans les profondeurs obscures de l’esprit créateur, Timides ébauches de la vie, A vous, j’apporte l’audace. » EN LIRE + : lire notre présentation complète du concert Poème de l’Extase à Lille, par Jean-Claude Casadeus et l’Orchestre national de Lille, 19-25 janvier 2017 BEETHOVEN Triple concerto pour violon, violoncelle et piano Piano : François-Frédéric Guy
Violon : Tedi Papavrami
Violoncelle : Xavier Phillips R. STRAUSS Salomé : Danse de Salomé SCRIABINE Poème de l’Extase Orchestre national de Lille Jean-Claude Casadesus, direction ______________________ POÈME DE L’EXTASE CYCLE L’AMOUR ET LA DANSE, ÉPISODE 2 Jeudi 19 janvier 2017, 20h Vendredi 20 janvier 2017, 20h LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle RÉSERVEZ VOTRE PLACE Programme repris ensuite : à Grande-Synthe, le 21 janvier 2017, 20h à La Rochelle, les 24 et 25 janvier 2017, 20h AUTOUR DU CONCERT LEÇON DE MUSIQUE Avec Hèctor Parra, compositeur en résidence “Des sons et des couleurs en musique” Jeu 19 & Ven 20 Janv. 19h (Entrée libre, muni d’un billet) — CONCERT FLASH 12H30 Avec François-Frédéric Guy, Tedi Papavrami et Xavier Phillips “L’art du trio” Beethoven • Schumann Ven 20 Janv. 12h30 (De 5 à 10 €) Toutes les infos, les ressources sur le programme, sur le site de l’Orchestre national de Lille http://www.onlille.com/event/201615-poeme-extase-beethoven-strauss-lille/



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6 janvier

Le blog-notes de Claude Samuel 2017 : vœux et centenaires – De Lou Harrison à Leonard Bernstein – De Monn à Gade – Claudio Monteverdi ! – Le scandale de Parade

Claudio Monteverdi (1567-1643). S’il n’a pas inventé l’opéra, il en est chronologiquement le premier génie. Portrait par Bernardo Strozzi – vers 1630. Que cette nouvelle année vous soit douce, c’est naturellement le premier message que j’adresse en ce 6 janvier à tous ces blogueurs-mélomanes que je croise parfois au hasard d’un concert, également à ceux qui me font un petit signe d’amitié via le courrier électronique. Question inévitable : sur quel centenaire, bi- ou tri-centenaire nos organisateurs de concert peuvent-ils compter cette année pour monter de brillantes manifestations commémoratives ? Pour tout dire, pas le moindre Beethoven, Mozart, Chopin à l’horizon. Il faudra à nos organisateurs plus d’imagination et, sans doute, plus de culture. Je leur propose donc… Nés en 1917 : le Français Jean-Etienne Marie, jadis l’homme du son à notre radio nationale et compositeur passablement oublié (quoique ayant figuré fugitivement au programme du Festival de Royan) ; le franco-russe Ivan Semenoff, auteur d’un Don Juan ou l’amour de la géométrie, à redécouvrir, je n’en doute pas ; et le coréen Isang Yun, qui fit partie de ce bataillon de compositeurs nippons installés au dernier siècle en Allemagne. J’ajouterai à ce trio l’Américain Lou Harrison, un pionnier des musiques expérimentales, pacifiste et homosexuel revendiqué, impressionnant barbu qui jouait avec les sons du gamelan ; et son compatriote, un véritable héros de la musique nord-américaine, non moins fêté en terre européenne : Leonard Bernstein. Auteur de West Side Story, ce que personne n’ignore ; mais aussi créateur à Boston, le 2 décembre 1949, de la Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen… Serge Koussevitzky est l’homme au canotier (au centre de la photo), à sa droite : Olivier Messiaen – Aaron Copland et le jeune Leonard Bernstein à sa gauche (DR) À la trappe ! Plus loin dans le temps, j’ai noté la naissance en 1717 de l’autrichien Georg Matthias Monn, auteur de vingt-et-une symphonies passées à la trappe, mais dont Arnold Schoenberg adapta un Concerto pour violoncelle, de Johann Stamitz, moins connu que son fils Carl, quoique auteur de cinquante-huit symphonies et de Niels Gade, apprécié de Schumann mais peu joué en dehors de son Danemark natal. Mais si l’on veut bien s’écarter des comptes ronds, voici tout de même du gros gibier, avec Claudio Monteverdi, dont je ne doute pas que le trois cent cinquantième anniversaire sera honoré à la hauteur de son génie. Ce madrigaliste inspiré contesté en son temps parce que trop moderne, a été longtemps considéré comme le père de l’opéra, grâce à son Orfeo créé à la cour de Mantoue en 1607 – titre contesté depuis qu’on a redécouvert l’Euridice de Peri, antérieure de sept ans… Pour ma part, je donne volontiers tous les Orfeo et les Euridice du monde pour le Couronnement de Poppée, premier chef-d’œuvre absolu du répertoire lyrique. Reverrons-nous les amours de Néron, les larmes d’Octavie, le triste sort de la malheureuse Drusilla, le suicide de Sénèque, en 2017 ? Etourdissant Enfin dans un registre passablement différent, j’ai plaisir à signaler la naissance d’Ella Fitzgerald, dont je réécoute les vieux enregistrements toujours avec la même délectation, et de l’étourdissant trompettiste Dizzy Gillespie. La petite fille américaine de Parade qui se fit siffler… Et puis, j’ai gardé pour la bonne bouche, le centenaire de Parade, « ballet réaliste » qui associa les noms de Picasso, de Jean Cocteau et d’Erik Satie le 18 mai 1917 au Théâtre du Châtelet et créa un scandale d’autant plus retentissant que nos braves petits soldats étaient au front… L’histoire se termina par un procès provoqué par une critique assassine d’un certain Jean Poueigh, critique à laquelle Satie répliqua sur une carte postale ouverte : « Ce que je sais, c’est que vous êtes un « cul » – si j’ose dire un « cul » sans musique. Surtout ne venez plus me tendre votre main de salaud. » Ce qui valut au compositeur, huit jours de prison et mille francs de dommages-intérêts — sans l’intervention de la princesse de Polignac, Satie aurait été une semaine sous les verrous et aurait dû vider le fond de ses poches, déjà très dégarnies… Les Préludes flasques Pour d’autres informations sur les pétards lancés par l’auteur des Préludes flasques (pour un chien), une vaste littérature est à votre disposition et, en priorité, les divers ouvrages d’Ornella Volta, l’éminente satiste italienne. En prime, une nouveauté dans la collection Actes Sud/Classica : l’Erik Satie de Romaric Gergorin, bourré d’informations et d’anecdotes savoureuses, mais je doute que Messiaen (page 136), dont l’humour n’était pas la vertu majeure, ait été séduit par le musicien de Parade. Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de janvier 2017 : « Ce jour-là, 1er juillet 1905 : Gabriel Fauré nommé directeur du Conservatoire de Paris »

Robert Schumann
(1810 – 1856)

Robert Schumann (8 juin 1810 - 29 juillet 1856) est un compositeur allemand. Sa musique s'inscrit dans le mouvement romantique qui domine en ce début de XIXe siècle une Europe en pleine mutation. Compositeur littéraire par excellence, Schumann et sa musique illustrent à la perfection la figure du romantique passionné.



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